Accueil et mots de bienvenue
Leaty Babin, présidente AfriqHope asbl, Patrick Semal, conservateur des collections d’Anthropologie (IRSNB) & Laurent Licata, professeur à l’ULB
Intervention de Leaty BabinOui… alors… bonjour, bonjour, bonjour à toutes et à tous. On va commencer le programme pour ne pas être en retard. D’autres personnes vont venir par la suite, et il y a déjà plusieurs personnes qui sont connectées. Donc, bonjour. Bonjour Mesdames et Messieurs, Au nom d’Africoop et de l’ensemble des partenaires de cette journée d’étude, je tiens à vous souhaiter la bienvenue. Bienvenue à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Nous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre de la journée d’étude intitulée : Une journée consacrée à une question historique, humaine et profondément actuelle : celle de la mémoire, de la dignité et de la restitution des ancêtres congolais conservés dans les institutions belges, notamment ici. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la commémoration organisée ici même le 24 novembre 2025 à l’initiative d’Africoop, après un long travail de dialogue et de sensibilisation. Pour la première fois, un hommage symbolique a pu être rendu aux ancêtres congolais conservés dans cette institution depuis plusieurs années. Cette démarche répondait à une nécessité importante : informer et sensibiliser. Car beaucoup de Congolais ignorent encore la présence des dépouilles de leurs ancêtres dans cette institution, alors même que ce lieu se trouve à quelques pas de Matongé, cœur vivant de la communauté congolaise à Bruxelles. Il est essentiel de permettre à la communauté congolaise, à la diaspora et au grand public de venir constater cette réalité de leurs propres yeux, et de comprendre que derrière les collections scientifiques se trouvent aussi des histoires humaines, une mémoire collective. La journée d’aujourd’hui nous permettra d’aller plus loin dans la réflexion. Tout au long du programme, plusieurs interventions viendront apporter des regards différents sur cette question encore largement méconnue du grand public congolais, mais aussi belge. Chercheurs, historiens, doctorants, professeurs, anthropologues, scientifiques, acteurs culturels et représentants associatifs partageront leurs travaux et leurs réflexions autour de cette question essentielle. Avant de poursuivre, permettez-moi également de remercier Monsieur Michel Van Camp, directeur de l’institution, pour son accueil et pour avoir permis la tenue de cette journée d’étude au sein de ce musée. Nous espérons que cette rencontre contribuera à faire avancer la réflexion autour de la mémoire, de la dignité humaine et du retour des ancêtres du Congo vers leur terre. Je vais donc vous inviter, si vous le voulez bien, à vous lever et à observer ensemble une minute de silence en hommage aux ancêtres conservés dans cette institution. Je vous remercie. Je vais maintenant passer la parole à Monsieur . Intervention deBonjour à toutes et tous, Bienvenue ici à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Monsieur Michel Van Camp, le directeur général de l’institution, ne peut malheureusement pas être présent aujourd’hui. Pour une brève introduction, j’ai préparé trois diapositives, qui sont en fait des échelles de temps pour vous montrer d’où venons-nous, où sommes-nous aujourd’hui et où allons-nous. La première dépouille d’ancêtre congolais qui arrive dans les collections de l’État belge date de 1868, donc avant même la création du Musée de l’Afrique centrale. Au début du XIXe siècle, les cabinets de curiosités étaient courants, et il était habituel d’y trouver des crânes représentant des populations dites « exotiques ». En 1884, un événement important illustre une des méthodes de collecte : le chef Tabwa Lusinga est tué et décapité sur ordre d’Émile Storms, qui ramène le crâne comme trophée personnel. [Ce crâne ne sera intégré dans les collections muséales que bien plus tard, après avoir appartenu à sa famille. En 1935, il est donné au Musée de l’Afrique centrale, ainsi que d’autres dépouilles. En 1947–1948, la collection de Ferdinand Van de Ginste, la plus importante collection de restes humains d’origine congolaise en Belgique, est intégrée. Dans les années 1960, ces collections sont transférées à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, ce qui explique la tenue de cette journée ici. Entre 1950 et 2001, aucune remise en question majeure n’a lieu concernant ces collections. Ce n’est qu’en 2001 que ces questions réapparaissent dans le débat scientifique, puis en 2016 avec une étude approfondie. À partir de 2018, des publications médiatiques et scientifiques déclenchent une prise de conscience politique et institutionnelle. Depuis 2019 :
se succèdent et accélèrent le débat. Aujourd’hui, en 2026, nous sommes à une étape charnière, avec des avancées législatives en préparation et une intensification du dialogue entre institutions. Je vais maintenant laisser la parole à Laurent Licata pour l’introduction scientifique des présentations. Intervention de Laurent LicataMesdames, Messieurs, bonjour et bienvenue à cette journée. Je m’exprime en tant que responsable scientifique de la première partie de cette journée, et en particulier comme coordinateur d’un projet de recherche intitulé : « Vers la réappropriation psychosociale et la resocialisation par les communautés sources du Katanga des dépouilles d’anciens à rapatrier et des objets culturels à récupérer ». Il s’agit d’un projet financé par l’ARES, dans lequel s’inscrivent plusieurs doctorants qui interviendront aujourd’hui. Ce projet trouve son origine dans la question des dépouilles conservées notamment à l’Université libre de Bruxelles, révélée en 2018 par des travaux journalistiques et scientifiques. À la suite de ces révélations :
L’objectif du projet est de préparer les restitutions en prenant en compte les perspectives des communautés sources. Les axes de recherche sont :
Ce projet vise à :
Nous savons que ces questions sont sensibles, complexes et délicates. C’est précisément ce qui rend cette journée essentielle. La matinée sera consacrée aux recherches scientifiques, Je tiens à remercier :
C’est une journée que nous n’aurions pas imaginée il y a encore quelques années. Merci à toutes et tous. |
