Questions 1

Questions pour les présentations à Lies Busselen et Hervé Katolo Kaseba


🟦 Session de questions–réponses

🔹 Question 1 (intervenante en salle)

Question :
Remerciements pour les exposés. Question adressée à Hervé Catholo :

  • Existe-t-il une période de matanga (deuil) dans la culture des Batabwa ?
  • Combien de temps dure-t-elle ?
  • Pouvez-vous donner plus de détails sur cette phase ?

Réponse (Hervé Catholo) :

  • Oui, le matanga existe bien chez les Batabwa.
  • Il correspond à la deuxième étape du processus de deuil, après l’annonce officielle.
  • Cette phase permet :
    • à la famille proche de pleurer le défunt (parent, grand-parent, frère),
    • à la communauté de pleurer le chef.
  • Le deuil ne consiste pas seulement à exprimer la tristesse :
    • il sert aussi à mettre en valeur les mérites du défunt.
    • cela peut s’apparenter au kasala (louange), où l’on évoque ses qualités.
  • Les pleureuses expriment l’amertume tout en rappelant les actions positives du défunt.

🔹 Question complémentaire (même intervenante)

Question :
Dans le cas d’un retour du crâne (restitution), est-ce que :

  • tout le processus funéraire serait rejoué ?
  • qu’est-ce que les communautés envisagent concrètement ?

Réponse (Hervé Catholo) :

  • Oui, le rapatriement est considéré comme réparateur.
  • Les Batabwa souhaitent :
    • refaire le deuil dans son intégralité,
    • en suivant scrupuleusement les règles coutumières.
  • Il existe un sentiment de culpabilité :
    • les malheurs actuels sont interprétés comme liés à un deuil mal accompli dans le passé.
  • Le retour du crâne serait donc l’occasion de :
    • corriger les erreurs,
    • restaurer l’ordre rituel et symbolique.

🔹 Question 2 (intervenant en salle)

Question :
À propos de la répétition des morts violentes ou disparitions de chefs (jusqu’en 2023) :

  • Ne faut-il pas distinguer :
    • les interprétations culturelles des communautés,
    • et l’analyse scientifique des causes ?
  • N’y a-t-il pas un risque de construire un récit qui s’éloigne des faits ?
  • Ne faudrait-il pas approfondir les enquêtes sur les causes réelles de ces événements, tout en cherchant des solutions d’apaisement ?

Réponse (Hervé Catholo) :

  • L’analyse scientifique est bien nécessaire.
  • Les causes des décès récents (notamment 2023) ont déjà été documentées.
  • Toutefois :
    • les communautés concernées accordent une forte importance aux récits et témoignages.
  • Il existe donc une double dimension :
    • scientifique (recherche des causes),
    • narrative et culturelle (interprétation communautaire).
  • L’intervenant reconnaît cette remarque comme pertinente et utile pour approfondir la recherche.

🔹 Question 3 (question en ligne – Martin Vander Elst)

Question :

Deux axes principaux :

  1. Dimension politico-historique :

    • Quel rôle a joué la colonisation belge dans la transformation des chefferies (ex. Lusinga) ?
    • Référence à la « structure coloniale » (Mudimbe).
  2. Dimension juridique et institutionnelle :

    • La question de la restitution doit intégrer :
      • le contexte d’assassinat,
      • les conséquences politiques,
      • et la question du « crime continué » (recel, blanchiment des objets dans les institutions).

Réponse (Hervé Catholo) :

  • Les contraintes de temps n’ont pas permis d’aborder les dimensions juridiques en détail.
  • Sur le plan politique :
    • la colonisation a entraîné une restructuration profonde du pouvoir local.
  • Conséquences :
    • inversion des hiérarchies traditionnelles,
    • certains chefs ont été rétrogradés ou marginalisés.
  • Exemple :
    • Lusinga, grand chef d’une dynastie, devient subalterne dans la structure coloniale.
  • Il y a eu :
    • déplacement des centres de pouvoir,
    • tensions entre lignages,
    • perte d’autorité de certains chefs.
  • Ces transformations ont durablement affecté l’organisation politique locale.

🔹 Clôture

  • Le modérateur annonce la fin des questions en raison du temps limité.
  • Invitation à poursuivre les discussions informelles lors de la pause café.