Questions 1Questions pour les présentations à Lies Busselen et Hervé Katolo Kasebahttps://canathist.naturalheritage.be/project/events/de-la-conservation-a-la-restitution-rendre-les-ancetres-du-kongo-a-leur-terre/videos-of-the-meetings/questions-1https://canathist.naturalheritage.be/@@site-logo/canahist-logo.jpg
Questions 1
Questions pour les présentations à Lies Busselen et Hervé Katolo Kaseba
🟦 Session de questions–réponses
🔹 Question 1 (intervenante en salle)
Question : Remerciements pour les exposés. Question adressée à Hervé Catholo :
Existe-t-il une période de matanga (deuil) dans la culture des Batabwa ?
Combien de temps dure-t-elle ?
Pouvez-vous donner plus de détails sur cette phase ?
Réponse (Hervé Catholo) :
Oui, le matanga existe bien chez les Batabwa.
Il correspond à la deuxième étape du processus de deuil, après l’annonce officielle.
Cette phase permet :
à la famille proche de pleurer le défunt (parent, grand-parent, frère),
à la communauté de pleurer le chef.
Le deuil ne consiste pas seulement à exprimer la tristesse :
il sert aussi à mettre en valeur les mérites du défunt.
cela peut s’apparenter au kasala (louange), où l’on évoque ses qualités.
Les pleureuses expriment l’amertume tout en rappelant les actions positives du défunt.
🔹 Question complémentaire (même intervenante)
Question : Dans le cas d’un retour du crâne (restitution), est-ce que :
tout le processus funéraire serait rejoué ?
qu’est-ce que les communautés envisagent concrètement ?
Réponse (Hervé Catholo) :
Oui, le rapatriement est considéré comme réparateur.
Les Batabwa souhaitent :
refaire le deuil dans son intégralité,
en suivant scrupuleusement les règles coutumières.
Il existe un sentiment de culpabilité :
les malheurs actuels sont interprétés comme liés à un deuil mal accompli dans le passé.
Le retour du crâne serait donc l’occasion de :
corriger les erreurs,
restaurer l’ordre rituel et symbolique.
🔹 Question 2 (intervenant en salle)
Question : À propos de la répétition des morts violentes ou disparitions de chefs (jusqu’en 2023) :
Ne faut-il pas distinguer :
les interprétations culturelles des communautés,
et l’analyse scientifique des causes ?
N’y a-t-il pas un risque de construire un récit qui s’éloigne des faits ?
Ne faudrait-il pas approfondir les enquêtes sur les causes réelles de ces événements, tout en cherchant des solutions d’apaisement ?
Réponse (Hervé Catholo) :
L’analyse scientifique est bien nécessaire.
Les causes des décès récents (notamment 2023) ont déjà été documentées.
Toutefois :
les communautés concernées accordent une forte importance aux récits et témoignages.
Il existe donc une double dimension :
scientifique (recherche des causes),
narrative et culturelle (interprétation communautaire).
L’intervenant reconnaît cette remarque comme pertinente et utile pour approfondir la recherche.
🔹 Question 3 (question en ligne – Martin Vander Elst)
Question :
Deux axes principaux :
Dimension politico-historique :
Quel rôle a joué la colonisation belge dans la transformation des chefferies (ex. Lusinga) ?
Référence à la « structure coloniale » (Mudimbe).
Dimension juridique et institutionnelle :
La question de la restitution doit intégrer :
le contexte d’assassinat,
les conséquences politiques,
et la question du « crime continué » (recel, blanchiment des objets dans les institutions).
Réponse (Hervé Catholo) :
Les contraintes de temps n’ont pas permis d’aborder les dimensions juridiques en détail.
Sur le plan politique :
la colonisation a entraîné une restructuration profonde du pouvoir local.
Conséquences :
inversion des hiérarchies traditionnelles,
certains chefs ont été rétrogradés ou marginalisés.
Exemple :
Lusinga, grand chef d’une dynastie, devient subalterne dans la structure coloniale.
Il y a eu :
déplacement des centres de pouvoir,
tensions entre lignages,
perte d’autorité de certains chefs.
Ces transformations ont durablement affecté l’organisation politique locale.
🔹 Clôture
Le modérateur annonce la fin des questions en raison du temps limité.
Invitation à poursuivre les discussions informelles lors de la pause café.