Lies Busselen
Lies Busselen (KULeuven), Dépouilles humaines ancestrales et temporalités coloniales : Traces, mémoire et relations au Kwango et au Kwilu
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Bonjour à tous et toutes, Je voudrais aussi commencer avec mes remerciements chaleureux. Les gens ne le voient pas, les gens ne le voient pas… ah c’est bizarre… ah oui, top, OK. Donc à mon tour, je voudrais aussi remercier chaleureusement les femmes, surtout, qui ont rendu possible cette journée : Leaty Babin en premier pour tes encouragements téléphoniques, tous les appels que nous avons eus, On a eu même la même idée, mais ça vous allez voir lors de la présentation. Et aussi merci à toutes les personnes présentes aujourd’hui. C’est un réel plaisir, mais aussi une responsabilité importante de partager ici une réflexion sur un sujet longtemps resté en marge, voire silencieux dans les institutions belges. Moi-même, je suis, comme déjà dit, anthropologue et historienne de formation. Mais c’est surtout entre 2019 et 2022, dans le cadre du projet fédéral HOME, que j’ai commencé à saisir l’ampleur de ces collections de dépouilles humaines. Aujourd’hui, je poursuis ce travail dans le cadre d’un doctorat qui repose sur une étude de cas que j’ai évoquée brièvement. Dans cette présentation, j’utiliserai volontairement le terme “dépouille” plutôt que “reste humain”. Ce choix n’est pas neutre. Mes recherches entre les archives et les terrains en Belgique et en RDC m’ont conduite à dépasser une approche centrée uniquement sur l’identification ou la provenance. Ce que le terrain m’a surtout montré, c’est la nécessité de construire des ponts :
Il ne s’agit pas d’opposer une Europe écrite à une Afrique orale, Et c’est cette pluralité qui est essentielle pour comprendre :
Cette présentation défend donc une approche relationnelle. Une approche qui ne se limite pas aux dépouilles elles-mêmes, mais qui met en avant les relations, les mémoires et les héritages. Structure de la présentationElle se structure en trois temps :
1. Les collectionsLes collections AA ont été constituées entre la fin du XIXe siècle et 1960. Les premières entrées remontent aux années 1880, souvent liées à des expéditions militaires, dans une logique de violence et de trophée. En 1897, on a la première inscription officielle dans les registres. Ces collections évoluent ensuite dans deux grands contextes :
Ces transformations ne font pas disparaître les collections, mais fragilisent leur statut scientifique. En 1964, elles sont transférées à l’Institut des Sciences naturelles. Ces collections concernent majoritairement :
Elles sont fortement liées à l’espace colonial belge. Elles ne sont donc ni neutres ni globales. 2. Études de casL’objectif n’est pas d’être exhaustif, mais de montrer des logiques transversales. Un point important : Le projet HOME déconseille le recours systématique à l’ADN :
L’identification doit combiner :
Car l’identité n’est pas seulement biologique, elle est aussi sociale, culturelle, spirituelle. Plusieurs cas illustrent les logiques coloniales :
Ces trajectoires montrent que la production du savoir colonial repose sur un réseau d’acteurs variés : 👉 militaires, administrateurs, médecins, chercheurs, missionnaires Tous participent à une logique commune : ➡️ transformer des corps humains en objets de science 3. Réflexion critiquePendant longtemps, ces collections sont restées :
Depuis 20 ans, on observe une accélération des débats. Mais il existe un décalage structurel : L’approche relationnelle propose de changer la question : ❌ D’où viennent ces dépouilles ? Cela implique :
La recherche ne doit plus être un processus unilatéral, ConclusionJe voudrais terminer avec une image : Elle montre que la mémoire ne circule pas seulement dans les institutions, Elle nous rappelle que : 👉 la mémoire est vivante Je vous remercie pour votre attention. |
