Famille de Ferdinand Van de Ginste
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On va vivre un moment très particulier. On va plonger dans l’histoire, comme on l’a fait depuis le départ, mais c’est quelque chose de très différent. Et moi je trouve que ce qui va se passer maintenant, c’est quelque chose de très grand, parce que beaucoup n’osent pas le faire. Alors je vais demander à une famille de s’approcher, mais ce n’est pas n’importe quelle famille. C’est une famille qui est issue d’une histoire terrible et qui les fait très souffrir, parce que… ils ont l’amour de leur père, de leur grand‑père, mais malheureusement ce père, ce grand‑père, il a… il a fait ce qu’il a fait durant la colonisation. Il a collecté des crânes. L’une des plus grandes collections d’ailleurs qui se trouve ici dans collection AA, c’est Ferdinand Van de Ginste. Et aujourd’hui… c’est une première, parce que moi je n’ai jamais vu ça, je ne sais pas si vous avez déjà vu ça quelque part… Ses descendants, ses enfants, ses petits enfants viennent pour… la réparation, pour la réconciliation et surtout pour le pardon. Parce que c’est très difficile d’avoir cet héritage, d’autant plus qu’il y a une de ses filles qui est là, qui était la chérie de son papa. Et c’est difficile pour elle de voir ce que son papa avait fait. Alors moi je vais vous demander exceptionnellement de vous lever et d’applaudir cette famille qui est la famille Van de Ginste. C’est un message. Alors je vais les laisser s’exprimer pendant cinq minutes. Je vais les laisser dire ce qu’ils ont au fond d’eux, parce que eux aussi ont besoin de se libérer. Voilà. Bonjour à tous. Je prends la parole parce que je suis le fils de Jacqueline Van de Ginste, qui est la fille de Fernand Arthur Van de Ginste, que vous avez vu à l’exposition en matinée de Lise, sur les travaux qu’il avait réalisés. Nous sommes réunis ici parce que ça fait déjà des années qu’on est sur les traces des travaux du grand‑père, mais particulièrement aujourd’hui pour souligner notre désapprobation par rapport à toutes les pratiques qui ont pu être réalisées dans le passé, que tout le monde… sans ignorer. Donc c’est une douleur très profonde de porter cet héritage au niveau des parents, au niveau des petits enfants. Et à présenter les excuses au nom du défunt qui n’est plus avec nous. Au nom de toute la famille Van de Ginste. Excusez‑moi parce que les émotions sont assez fortes… Donc voilà, c’est vraiment pour marquer notre désapprobation sur les méthodes appliquées, mais aussi la présentation des excuses par rapport à tout ce qui s’est passé au nom de notre grand‑père Fernand Arthur Van de Ginste. Nous demandons pardon. Je voudrais vous dire quelque chose… C’est moi… je suis née… à ma naissance j’ai trouvé ma sœur… et surtout par la suite… Je vais vous dire que je n’ai pas… Toute la famille… des travaux du grand‑père, on demande pardon. Le grand‑père a agi… c’est très intense ce qu’il a fait. Nous sommes tous victimes. On porte le sang, on n’a pas choisi. On est là pour faire cette reconnaissance et réparation. C’est un grand jour pour notre famille, surtout pour nos mamans qui sont là. Parce que c’est comme les enfants qu’on raconte une histoire pour s’endormir… et aujourd’hui cette histoire est réelle pour eux, pour elles, pour toute notre vie en fait. Et on est là pour vous demander pardon. Mais pas parce que… on a pu être victimes. Non, le système a fait que nous sommes victimes aujourd’hui. Voilà pourquoi nous sommes là. Merci. On voulait remercier aussi… grâce à… qui a permis en fait qu’on puisse avoir une lumière sur toute cette histoire aujourd’hui. Qu’elle puisse être entendue. Et surtout… je reviens sur nos parents parce que pour beaucoup de personnes, c’est peut‑être une histoire. Mais aujourd’hui, c’est une grande réparation. Merci à tout le monde, merci. |
