Hervé Katolo Kaseba
Hervé Katolo Kaseba (UNILU et UCLouvain Saint-Louis), Retour des dépouilles d’anciens et dynamiques du deuil du chef chez les Batabwa: Une étude des continuités rituelles, des recompositions mémorielles et des enjeux de souveraineté culturelle
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Au nom de la journée organisée ici, je vous dis bonjour. Je ne saurais pas dire merci nominalement ou remercier chacun de vous en citant les noms, sinon je serai injuste. Je m’appelle Hervé Katolo. Lorsque j’ai pris connaissance de l’organisation de cette journée, je me suis dit : Car lorsqu’il y a mort d’homme, il y a un deuil qui s’organise. Voilà pourquoi j’ai voulu que nous puissions discuter autour du thème : « Retour des dépouilles des anciens et dynamiques de deuil chez les Batabwa » Une étude des continuités rituelles, de recomposition mémorielle et des enjeux de souveraineté culturelle. Structure de l’interventionJe souhaite discuter autour de cinq points :
1. Le chef dans la société batabwaUn chef est considéré comme la tête.
Il est aussi un intermédiaire entre les humains et les esprits de la nature (Ngulu). Par exemple, en cas de calamité ou de maladie, c’est lui qui oriente les rituels à suivre. Lorsque le chef meurt, la question devient : 👉 que devient-il ? 2. La conception de la mortChez les Batabwa, la mort est un voyage vers l’étranger.
Sans un deuil correctement organisé, le défunt ne peut pas atteindre sa destination. Le défunt doit devenir : 👉 un esprit protecteur 3. Les étapes du deuilLe deuil s’organise en trois phases principales. 1. L’annonce de la mortLa mort du chef est annoncée par le tam-tam (kunvi). Mais cette annonce est contrôlée :
2. Le déroulement du deuilTrois types d’acteurs interviennent : a) Les messagersIls vont prévenir les autres chefs avec une poule, symbole d’annonce officielle. b) Les organisateurs (camboula)Ils préparent :
c) Les équipes funérairesLes funérailles ont lieu la nuit, vers minuit. Le chef est enterré dans un lieu spécifique, souvent de l’autre côté d’une rivière (symbolique du passage). Le corps quitte la maison par l’arrière : 👉 symbole de la fin de l’autorité 3. La clôture du deuilElle intervient après l’enterrement. Elle comprend un rituel appelé “Koeijer” (rendre l’os) :
4. Le problème historiqueChez les Batabwa, il y a une série d’événements qui perturbent ce processus :
Ces événements empêchent un deuil correct. La communauté interprète ces événements comme une conséquence de : 👉 deuil non accompli 5. Le sens du rapatriementPour les Batabwa, le rapatriement a trois rôles : 1. RéparateurPermet de refaire le deuil correctement. 2. SpirituelMet fin aux cycles de malheur. 3. SocialRestaure l’équilibre de la communauté. Le retour du crâne de Lusinga est vu comme : 👉 une preuve matérielle nécessaire 6. Les craintesLa communauté devient méfiante. Ils posent la question : 👉 « Quand est-ce que Lusinga va rentrer chez lui ? » Tant que le rapatriement ne se fait pas, il y a une peur :
7. Les enjeuxa) Culturels
b) ÉconomiquesCertaines régions concernées sont aujourd’hui :
Le rapatriement est perçu comme pouvant : 👉 relancer des dynamiques sociales et économiques ConclusionLe rapatriement est :
Il permet de : 👉 refaire le deuil Je cite ici le roi Albert Ier : « La colonisation est une œuvre de justice. » Si le rapatriement est aussi un acte de justice, 👉 ramener les dépouilles à leur terre Je vous remercie. |
